Appui communautaire en contexte minier : le défi de François, volontaire en Guinée


26 juin 2018

La richesse des sols de Guinée n’est un secret pour personne… Connue notamment pour la Bauxite (appelée « Or Rouge »), la Guinée et plus particulièrement la ville de Boké a vu les entreprises minières se développer et les exploitations gagner du terrain.

Le sous-sol guinéen abrite plus du tiers des réserves mondiales de bauxite – minerai à partir duquel on fabrique l’aluminium – soit 25 milliards de tonnes, concentrées dans la région de Boké (nord-ouest du pays).

C’est dans ce contexte que le projet AGREM (Appui à la Gouvernance des Redevances Minières) s’est mis en place et a été lancé le 26 octobre dernier. L’objectif ? Favoriser des pratiques équitables, transparentes et responsables dans la gestion et l’utilisation des ressources au niveau des collectivités locales pour un développement durable et inclusif. Plus concrètement, les équipes vont aider et accompagner les villages impactés pour développer des projets générateurs de revenus en partenariat avec les sociétés minières et appuyer les collectivités locales dans la gestion des redevances minières qu’elles vont recevoir.

De passage à Boké pour une mission terrain, l’équipe de l’EV Guinée en a profité pour rencontrer François Fougère, volontaire hors dispositif qui pilote ce projet, pour qu’il nous explique un peu mieux les enjeux et le contexte. Nous sommes donc partis à Kogbala où un projet de maraîchage avec les femmes du village est en train de se monter.

François et Thiam, responsable communautaire, ont rencontré le chef du village et les femmes pour comprendre quels étaient leurs besoins (matériels, savoir-faire) et pour leur expliquer comment les choses allaient se mettre en place. Ils ont notamment rappelé que la viabilité du projet dépendait également de l’implication du village et que cela ne pouvait se faire sans l’énergie commune des villageois. Comme on dit en Guinée : « Si on te lave le dos, il faut savoir te laver le ventre ».

Nous sommes ensuite descendus voir les parcelles pour comprendre comment s’organisait le travail entre les femmes, quelles étaient leurs pratiques et pour identifier les parties de terrain à défricher dans l’optique du projet agricole. L’accompagnement prévu ne se limitera pas à la simple mise à disposition de matériel puisque des agronomes vont être mêlés au projet pour aider les agricultrices à améliorer leur rendement. La question du transport des récoltes jusqu’au village est également soulevée et le projet prévoit également de soutenir les femmes dans la commercialisation des produits.

Après le repérage effectué et les discussions menées avec les bénéficiaires, nous avons quitté la zone et laissé les équipes se pencher sur la réalisation du projet et les étapes de mise en place. Un potentiel partenariat avec le PAM est également en cours de réflexion avec Manon, volontaire France Volontaires, pour savoir si les agricultrices de Kogbala ne peuvent pas être intégrées au projet de cantines scolaires initié à Boké depuis une dizaine d’années. Une manière de faire marcher l’économie locale en associant les cantines des écoles soutenues par le PAM et l’UNICEF avec des producteurs locaux, capables de les fournir avec les produits issus des récoltes.

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Cette mission terrain aura donc été l’occasion de comprendre un peu mieux les défis à relever dans les zones minières de Guinée. Cela aura également été un moyen d’aller à la rencontre des populations impactées par les projets miniers et de comprendre comment celles-ci peuvent être appuyées afin de transformer des impacts qui semblent négatifs en opportunités.

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