CLARA ET REBECCA, VOLONTAIRES VENUES FAIRE UNE ETUDE TERRAIN SUR L’ENFANCE ET LA JEUNESSE EN HAITI


24 août 2017

L’été est propice aux multiples activités, surtout pour les étudiants qui peuvent utiliser leurs vacances pour mener des projets. Clara et Rebecca ont choisi de passer 2 mois en Haïti pour conduire une étude terrain, interroger des acteurs très divers concernant l’enfance et la jeunesse en Haïti, son intégration dans la société ; ainsi que sur l’éducation et son fonctionnement. L’étude portait également sur la résilience des enfants, des jeunes et des acteurs qui travaillent avec eux suite au cyclone Matthew. Elles nous livrent aujourd’hui leur expérience.

PORTRAIT

Je m’appelle Clara Jalaber j’ai 22 ans je suis originaire du sud de la France dans un petit village près d’Aix en Provence et je fais actuellement mes études à Paris. Moi c’est Rebecca Buffard, j’ai 22 ans également, je suis originaire de l’île de La Réunion et je fais aussi mes études à Paris dans la même formation que Clara en études du développement économique et social à Paris I Panthéon-Sorbonne.

Arrivées le 5 juin, nous n’étions pas en volontariat, mais des « hors cadre » durant les 2 mois de notre séjour.

CE QUI NOUS A POUSSEES A PARTIR A PAILLANT

Après l’ouragan Matthew, de nombreux étudiants de notre FAC, et notamment la diaspora haïtienne se sont regroupés avec l’envie de faire quelque chose pour aider Haïti. Nous avons pris les rênes du projet avec deux autres camarades et avons tout d’abord décidé de mener une recherche puisque nous ne connaissions pas du tout le pays, son fonctionnement ni ses besoins et ne pouvions donc pas prétendre à l’aider.

NOTRE SEJOUR : RURAL ET URBAIN

Nous avons fait 1 mois et demi dans la commune de Paillant dans la région des Nippes où nous logions dans un foyer pour jeunes enfants. C’était l’occasion de vivre le quotidien avec eux avec certaines difficultés que ça implique : aller chercher de l’eau dans une citerne à plusieurs centaines de mètres, ne pas avoir d’électricité et du coup avoir des difficultés pour travailler, vivre en communauté sans forcément avoir d’intimité. Au-delà des difficultés il y avait des aspects agréables comme une température agréable, le silence du milieu rural, la nourriture haïtienne qui nous était concoctée tous les jours et les conversations avec les jeunes sur divers sujets.

Nous avons passé nos deux dernières semaines à Port-au-Prince pour des rencontres institutionnelles. Après une immersion en milieu rural, nous avons vu une nouvelle facette haïtienne : l’effervescence de la ville, le bruit des tap-tap, la chaleur, les màchan pwomenen (vendeurs) sur les trottoirs, le nombre considérable de services accessibles : restaurant, bar, imprimeurs, ébénistes, ferronnerie, etc.

Dans le cadre de notre recherche nous avons rencontré différents acteurs : des professeurs, des directeurs d’écoles, des étudiants, des juges pour enfants, inspecteurs scolaires, responsable de l’IBESR (Institut du bien-être social et de recherche), travailleurs sociaux, psychologues, directeur départemental de l’éducation, foyer d’accueil pour enfants, ONG, etc. Nous souhaitions, avec notre séjour à Port-au-Prince, rencontrer les institutionnels travaillant pour le ministère de l’éducation nationale, le ministère des affaires sociales, l’UNICEF, l’UNESCO, etc.

NOTRE RECHERCHE

Nous avons choisi les thématiques de l’enfance et la jeunesse car ce sont celles qui nous intéressaient le plus et que ce sont les prochaines générations qui représentent le futur d’Haïti. Le thème de la résilience nous vient de nos études : c’est un sujet qui est beaucoup abordé lors de nos analyses de projets d’ONG et d’organisations supra-étatiques, aussi, il nous a paru intéressant de nous pencher sur le sujet même s’il apparait que ce ne soit pas la dimension prioritaire de nos résultats de recherche : les problèmes survenus suite au cyclone Matthieu ne font que mettre en exergue des problèmes déjà présents et soulignent certaines incapacités financières, matérielles des acteurs pour mener à bien une action éducative de qualité et pour tous.

TEMOIGNAGE DE CLARA

Clara : Cette expérience fut très enrichissante sur le plan professionnel et personnel. Sur le plan professionnel, comme je me prédestine à travailler dans des ONG, ça représente une première expérience sur le terrain dans un pays étranger et pour une certaine durée avec les joies et difficultés que ça implique. C’est très riche aussi d’un point de vue personnel et culturel notamment à travers les discussions qu’on peut avoir avec chacun.

Ce que j’ai le plus aimé : la nourriture tel que le l’âme véritable pesé, le mamba la soupe au giraumon les fruits : mangues, ananas, citron… Ce qui m’a le plus marqué est l’hospitalité haïtienne, je ne compte plus le nombre de personnes qui nous ont accueillies chaleureusement chez eux pour nous offrir à manger ou l’hospitalité même lorsqu’on ne se connaissait pas. Ce qui m’a aussi malheureusement marqué c’est la question des déchets qui me parait un vrai fléau ici et qui gâche le paysage rural et urbain d’Haïti.

Ce que je vais ramener d’Haïti : de la nourriture évidement : mangues, citron et bonbon sirop. Et bien sûr des souvenirs inoubliables. 

TEMOIGNAGE DE REBECCA

Rebecca : Ce que m’a apporté cette expérience ne peut pas être scindée entre personnel et professionnel, je pense que le professionnel est toujours personnel. Ce que j’ai appris c’est que j’aime vivre autre chose que mon quotidien, que psychologiquement mon adaptation est variable et que plus le temps passe, plus j’apprécie ma présence ici. Néanmoins, ce(ux) que je laisse en France ne m’aide pas toujours à cueillir l’instant dans ce beau pays parce qu’une partie de mon esprit est toujours ailleurs. C’est aussi une expérience qui ne peut être que valorisante pour mon avenir professionnel, d’autant que nous sommes parties sans structure pour nous porter et que nous avons vécu en pure autonomie pendant ces deux mois. Pour Haïti et une première expérience, c’est quelque chose qui n’est pas commun.

J’ai apprécié énormément de choses dans ce pays qui m’ont fait remonter des souvenirs de mon ancienne vie sur une île : les flamboyants, les bougainvilliers, le riz, les pois, la canne à sucre, les mangues, les ananas. Je remercie aussi la gentillesse des gens et leur accueil. J’ai préféré les moments où nous prenions la route, en moto, en taptap, en bus pour découvrir du pays et sortir du quotidien. J’ai aussi été étonnée de quelques choses : l’importante place de la religion dans ce pays, la faible mixité culturelle, la rudesse des conversations entre les personnes, et la représentation de l’étranger (à la fois les personnes étrangères et les pays de l’étranger) dans les esprits. C’est un pays dans lequel je retournerai, c’est sûr ! mais peut-être pas pour y travailler. En tout cas, je suis curieuse de voir son évolution.

Ce que je ramènerai dans ma valise : un morceau de bois flotté de la plage près de Port Salut, un coquillage de l’île à vache, du crémas, du miel, des citrons, des grenadias, des patates douces et du sucre de canne, histoire de cuisiner encore un peu avec des produits du soleil. Mèsi Ayiti !

Pour ceux qui veulent nous suivre voici le lien de notre blog : https://haitibetafe.wordpress.com/2017/05/08/haiti-bet-a-fe-mais-quest-ce-que-cest/


Clara et Rebecca dans un transport en commun haïtien

 

 
En visite à l’île à vache
 

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