Conditions de vie en prison : des enquêtes menées par Vanina pour Coginta


25 octobre 2018
Aujourd’hui nous vous emmenons à la découverte de la mission de Vanina, volontaire de solidarité internationale auprès de Coginta depuis janvier 2018.
 
Organisation non gouvernementale suisse, apolitique et non confessionnelle, elle est spécialisée dans la gouvernance du secteur de la sécurité et le renforcement de l’Etat de droit dans les pays en transition, en développement ou en situation post-conflictuelle, dont le siège se situe à Genève.
 
Présente en Guinée depuis 2013, Coginta a développé un savoir-faire et une expertise en matière de conseil, de formation et de programmation de projets de coopération qui contribuent au renforcement des institutions judiciaires et sécuritaires dans le respect des normes et principes de l’état de droit, et à améliorer l’efficacité des institutions policières (police, gendarmerie, douanes) dans la prévention de la délinquance, de l’insécurité transfrontalière et de la criminalité organisée.
 
La Délégation de l’Union européenne en Guinée a souhaité mettre en place pour ses projets un système de suivi-évaluation (S&E) intitulé "projet de Suivi-évaluation des impacts des projets du 10ème Fonds européen de développement en République de Guinée" (#SEIFED).
Dans cette perspective, elle a sollicité l’Observatoire National de la République de Guinée pour assurer le suivi du volet Infrastructures et Coginta pour le volet Gouvernance (justice, sécurité, finances publiques, déconcentration-décentralisation).
 
C’est de ce projet de suivi-évaluation dont nous allons parler aujourd’hui. En effet, les mois d’octobre et novembre sont stratégiques pour Coginta puisque c’est à cette période que la série d’enquêtes annuelles commence… Le but ? Collecter des données relatives à la perception des bénéficiaires de l’impact des différents projets de réforme financés par l’Union européenne en République de Guinée. 
 
 
Pendant deux mois, Vanina et son équipe de 23 enquêteurs et 2 coordinateurs de terrain vont donc sillonner l’ensemble du territoire guinéen de la région de Nzérékoré à celle de Kindia en passant par Conakry pour recueillir l’opinion de plus de 5 000 enquêtés. Le panel d’enquêtés est très large puisqu’il inclut les ménages, les prisonniers, les agents du personnel pénitentiaire, le personnel des juridictions, les agents de la police et la protection civile, les agents du Corps Paramilitaire des Conservateurs de la Nature, les douaniers, les responsables d’entreprises et les agents de l’administration locale.
 
 
Ce matin c’est en direction de la maison centrale de Conakry que nous partons pour le premier jour des enquêtes menées auprès des détenus et du personnel pénitentiaire pour le suivi-évaluation du projet d’appui à la réforme de la justice (PARJU).
 
La maison centrale, qui a une capacité initiale de 300 personnes environ, compte aujourd’hui 1 427 détenus dont 939 en attente de jugement, souvent depuis plusieurs années.
 
Au total, c’est 247 détenus et 59 gardes pénitentiaires qui vont être interrogés pour permettre à Coginta de voir si les conditions de vie en prison et l’efficacité de la justice se sont améliorées en Guinée entre 2016 et 2018. 
 
 
 
Pour permettre un suivi le plus précis possible, les prisonniers interrogés cette année sont les mêmes que l’année dernière – dans la mesure du possible. Après un travail sur le registre des greffes de la maison centrale de Conakry, Vanina et son équipe savent que 72% des enquêtés de 2017 sont encore présents (ce qui correspond à 179 détenus). Les 68 enquêtés de l’année 2017 qui ont été libérés seront remplacés par des profils similaires (cellule, sexe, âge etc.).
 
Les trois enquêteurs ont sept jours pour effectuer les 306 entretiens ; un rythme soutenu au vu du questionnaire composé de 45 questions.
Parmi elles, on retrouve les suivantes : 
Sur quoi dormez-vous ?
A quelle fréquence les cellules sont-elles nettoyées ?
Vous sentez-vous en sécurité ?
Les soins de santé sont-ils adéquats ?
Combien de repas recevez-vous par jour ?
Recevez-vous suffisamment de savon ?
A quelle fréquence avez-vous la possibilité de pratiquer une activité sportive ?
Des activités de réinsertion sont-elles proposées aux détenus ?
A quelle fréquence recevez-vous une assistance juridique pour vous accompagner dans l’exécution de votre peine ?
 
Pour les enquêteurs, le travail est intense de par le rythme imposé, de par le timing et le contexte dans lequel ils travaillent. Au-delà du travail de collecte, c’est un travail d’écoute et d’attention qui est aussi à faire puisque les détenus interrogés se livrent généralement et ont un besoin de communiquer sur leur situation, sur les difficultés d’incarcération etc.
 
Les réponses au questionnaire sont ensuite envoyées à des experts en statistiques et du domaine concerné pour qu’une analyse soit faite et pour pouvoir présenter à la Délégation de l’Union européenne les avancées majeures, les difficultés et les recommandations liées à chacun des quatre projets de réforme.
Par ailleurs, il est important de noter que ce projet répond à un demande de la Délégation de l’Union européenne de créer un outil reproductible pour le 11ème Fonds européen de développement en République de Guinée, afin qu’elle puisse orienter au mieux ses financements en fonction des besoins réels du pays, et renforcer l’efficacité de la coopération entre l’Union européenne et la République de Guinée.
 
« Travailler au sein de Coginta est un moyen efficace d’œuvrer pour le renforcement de l’Etat de droit et la bonne gouvernance des institutions en République de Guinée, en vertu de l’ODD 16, et de contribuer au développement du pays »
 
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