Guinée Solidarités, trois décennies d’altruisme …


1er juin 2015

C’est en 1987 à Strasbourg (France) que nait l’ONG Guinée Solidarité, sous l’impulsion de Nadine BARRY. Celle-ci, qui a découvert la Guinée en venant travailler pour le PNUD sous Sékou Touré (1er président de la République de Guinée), est l’épouse d’un disparu politique du régime dictatorial, ce qui a renforcé sa vocation de s’engager pour le pays, comme elle en témoigne.

EV : Votre engagement ne faiblit pas. Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre vos projets en Guinée ?

NB : J’ai une dette envers la Guinée, qui a donné un sens à ma vie. Mon mari m’a transmis sa passion pour ce pays, et ce qui lui est arrivé, loin de me décourager, m’a boosté pour faire ce que lui-même aurait voulu faire pour ses compatriotes. Quand on aime, on aide.

 

EV : En plusieurs décennies, vous avez vu la Guinée changer. Quel est votre regard sur cette évolution ?

NB : Incontestablement, un progrès fort a été le développement de la liberté d’expression, à partir de la présidence de Lansana CONTE. En revanche, je suis beaucoup moins optimiste concernant les inégalités, qui continuent encore actuellement de se renforcer d’année en année ; d’autant plus qu’avec ces difficultés, les solidarités familiales ne sont plus ce qu’elles étaient, de plus en plus, l’on peut voir des orphelins ne pas pouvoir être accueillis par la famille proche faute d’argent…

EV : Parlez-nous de Guinée Solidarité, de ses projets…

NB : Guinée Solidarité aide à l’équipement de centres de santé, d’écoles, de coopératives agricoles, par divers moyens. Nous aidons également au parrainage d’enfants et d’adolescents orphelins et handicapés. Nous apportons depuis 12 ans une aide aux enfants déscolarisés d’une cité, en leur offrant un petit déjeuner quotidien, afin d’essayer d’éviter qu’ils aient à mendier. Cependant, notre philosophie reste depuis le début, d’ « aider ceux qui s’aident », c’est-à-dire de fournir un coup de pouce ponctuel à des coopératives, par exemple en équipant celles qui se créent pour un temps, sans s’installer dans l’assistanat ; il est vrai que ce n’est pas toujours facile.

EV : Vous travaillez avec des volontaires dans la région de Mamou.

NB : Il s’agit effectivement d’un projet de Guinée Solidarité Provence en collaboration avec le SCD de Lyon. Nous accueillons deux VSI qui dirigent auprès d’une équipe guinéenne un centre de réadaptation professionnelle des handicapés, lequel existe depuis 10 ans. Bien que notre objectif à terme soit une gestion locale de l’ONG, ces volontaires apportent des compétences appréciables pour le projet.

EV : Vous organisiez il y a quelques jours (NdR : samedi 18 avril) un gala solidaire au Palm Camayenne…

NB : Tout à fait, il s’agissait d’un grand gala de solidarité pour les jeunes drépanocytaires. Musique, danse, activités culturelles… ont réuni un grand nombre d’anonymes et de personnalités, supérieur d’ailleurs à ce que nous escomptions. Grace aux fonds récoltés, et à l’appui de la Clinique Ambroise Paré qui va mettre à notre disposition bloc et matériel, nous allons pouvoir opérer une dizaine de jeunes. Ce projet s’inscrit en effet dans le constat qu’il est finalement à la fois plus simple et moins onéreux d’effectuer ce type d’opérations ici que de faire déplacer les jeunes malades jusqu’en Europe, et nous prévoyons au cours de l’année de mener 48 opérations de ce type.

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